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Est-ce que je peux passer chez vous avec mon âne ?

le 09-11-2015 17:21

En attendant la pluie...


 

 

 

A Tillay-le-Pèneux, aucune possibilité d’hébergement et déjà les lumières rasantes d’une fin de journée. Nécessité de quitter notre itinéraire tracé : nous nous orientons vers le sud-est, au lieu du nord-est afin de rester à proximité d’habitations.

 

         Notre souhait serait même de trouver un toit, étant donné un changement de météo annoncé pour le lendemain matin – voire au cours de la nuit.

 

         Nous arrivons à « Bois Tillay » avec un âne qui, heureusement, ne « boi-tillait » pas. Petit bourg très tranquille. Trop, à notre goût. A travers une fenêtre, nous finissons par avoir un contact avec une ménagère occupée dans sa cuisine. Un garçon est là, également, intéressé par notre âne. « Tiens ! On dirait Virgule ! »

 

         On rectifie le nom. Ce n’est pas « Virgule », c’est « Chéri ». La remarque du garçon ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. On comprend évidemment qu’il y a un âne dans le secteur, ce qui peut évidemment vouloir dire, pour nous, une très éventuelle possibilité d’accueil pour une étape. Mais encore faut-il réussir à trouver les propriétaires, qu’ils soient présents, qu’il y ait un terrain dispo, que notre âne soit accepté par l’autre... Bref : et si et si et si…

 

         Nous apprenons que « Virgule » habite le village d’à-côté, mais les explications pour trouver les propriétaires de l’âne ne sont pas d’une réelle limpidité. Nous décidons quand même d’aller voir. Nous prenons donc la direction de Bazoches-les-Hautes.

 

         Nous sommes à mi-chemin lorsque nous voyons le garçon venir vers nous sur son vélo. Il a finalement décidé de nous accompagner pour nous montrer où habitent les propriétaires de Virgule. Un geste bien gentil de sa part, car plus moyen de perdre du temps en détours et tergiversations, vu qu’il est déjà tard.

 

         La tête de Virgule finit par apparaître de derrière une clôture. L’âne a pour seule compagnie, des oies. En apercevant notre « Chéri », le voilà qui s’emballe, fou de bonheur de rencontrer un copain.

 

         La maison est juste à côté. Une grande façade qui s’étale tout en longueur avec plusieurs portes. Le premier souci fut de trouver la bonne porte. Même le garçon ne savait pas. On frappa à l’une, puis à un carreau, puis à une autre porte. Je me disais, en même temps, qu’il ne servait à rien d’insister : peut-être qu’on dérangeait.

 

         Mais finalement une porte s’entrebaîlla. Une vieille dame accompagnée d’un magnifique chien de race, fraîchement toiletté. La dame appela sa fille.

 

         De notre côté, on remercia notre jeune guide. Il pouvait maintenant rentrer chez lui.

 

         L’accueil était possible, mais il n’était pas des plus simples. Virgule n’était pas habitué aux autres ânes. Les oies de Bernache, qui circulaient dans toute la propriété, risquaient de ne pas nous réserver le meilleur des accueils et moi –  c’est certain – je me sentais jamais très à l’aise en présence de ce genre de volaille – surtout les jars – qui pouvaient venir me pincer les mollets. 

 

         La solution était le jardin d’une voisine, mitoyen au pré de Virgule, mais il fallait encore demander l’autorisation.

 

         Autorisation acceptée. Nous avions le droit à un petit espace vert entièrement clos, où nous pouvions mettre l’âne et la tente. On nous signala en même temps que le dessert était au-dessus de nos têtes. En effet, dans notre petit jardin, un pêcher croûlant sous le poids de pêches mûres à point. 

 

         Les premiers instants de l’accueil furent rapides. Il était possible qu’on dérange. La propriétaire de « Virgule » avant de s’éclipser, précisa qu’on allait avoir aussi la visite, sans doute indésirable, du fils de la voisine : un adulte un peu attardé, gentil, mais intarissable en questions et collant. Aucun problème : on allait s’occuper de l’accueil de cette personne… La propriétaire du terrain, quant à elle, ne vint pas à notre rencontre.

 

         Pour moi, le problème essentiel restait non résolu : celui de la pluie, qui allait nous tomber dessus dès demain matin. Pas le moindre abri pour nos affaires. On a beau essayer d’anticiper les situations : on n’a pas toujours les solutions.  

 

         Le fils dérangeant ne tarda pas à faire son apparition. Il semblait chercher à tuer le temps et, au début, nous étions contents de pouvoir lui offrir un petit divertissement. Mais les questions fusaient et impossible de trouver un endroit pour échapper à ses regards car, en même temps, on le voyait tourner derrière la haie, pour mieux  suivre tous nos déplacements. Au bout d’une heure, ça devenait vraiment du harcèlement.

 

         Même lorsqu’on est accueilli, il y a des contextes qui compliquent sérieusement notre situation. J’eus finalement une idée : simulation d’un moment intime à deux, entre amoureux. Notre visiteur, tout à coup, s’est senti de trop et a pivoté des talons. C’était la bonne solution !

 

         Finalement, nous avons revu notre « hôtesse d’accueil » qui –entre-temps – étaient devenue notre voisine. Son mari était revenu du travail. Nous avons appris qu’il s’agissait d’une famille éleveuse de terres-neuves, dressés pour le sauvetage en mer.

 

         Curieux d’entendre parler de sauvetage en mer, dans la Beauce ! Il y avait quand même un plan d’eau, dans les environs d’Orléans, pour l’entraînement des chiens. 

 

         Bref, nous étions chez des passionnés d’animaux. D’ailleurs, le lendemain matin, le couple d’éleveurs devait partir de très bonne heure avec des chiens qui devaient concourir pour un salon. Donc aucune chance pour nous de les revoir avant le départ.

 

         On nous fit ensuite une proposition qui me parut très agréable à l’oreille. Nous pouvions profiter de la douche dans la soirée. Moi qui, justement, attendait d’avoir l’occasion de me laver les cheveux.

 

         Mais au moment d’essayer la douche, mauvaise surprise : les robinets avaient beau être tournés dans un sens ou dans l’autre, pas la moindre goutte d’eau chaude.

 

         On finit par découvrir l’origine du problème : la chaudière était tombée en panne. Adieu eau chaude. Adieu le shampooing !

 

         Petit coup d’œil en direction des terres-neuves qui circulaient dans la maison. Eux avaient un poil magnifique, propre et luisant. Un toilettage fignolé. On voyait que ça s’était terminé au brushing. Ma chevelure, par comparaison, semblait pitoyable…

 

         J’osais une timide demande : « Ne pourrait-on pas avoir une  – petite bâche –  pour protéger nos affaires contre la pluie ? » J’en avais bien emporté une, mais minuscule, juste pour abriter nos chaussures.  

 

         Nos hôtes n’avaient pas de bâche. Mais ils avaient bien mieux : un grand auvent dépliable. L’auvent fut installé dans notre jardin, mais il fallut quand même prévoir de le maintenir avec le poids des sacoches, au cas où un vent fort se mettrait à souffler.

 

         L’auvent installé, nous avons pu tranquillement allumer notre réchaud pour un petit dîner sous une nuit étoilée. Encore des étoiles avant l’arrivée des premiers nuages…

 

         En regardant mon âne, un peu de désolation à l’idée de ne pas pouvoir lui offrir un abri. Mais « Chéri » allait quand même pouvoir mettre un bout de ses fesses ou de sa tête, sous l’auvent. C’était mieux que rien.

 

         Nous nous sommes endormis sous la tente en nous demandant si c’était le jour ou la pluie qui, demain, allait nous réveiller.

 

         Malgré la pluie, demain allait être un grand jour…

 

(A suivre…) 

 


Commentaires

 

1. gegedu28  le 13-11-2015 à 08:32:39  (site)

Bonjour,
... une bien belle histoire qui se termine bien.
Visite du département à pas tranquilles !
A Tillay-le-Péneux vous étiez tout près du Centre de la Beauce :

... c'est à :

Bonne continuation.
Gégédu28

2. gegedu28  le 06-01-2016 à 10:36:26  (site)

Bonjour,
Je vous souhaite une BONNE ANNEE 2016, et encore de belles balades avec votre âne.
Au plaisir de se relire sur nos blogs.
Amicalement,
Gégédu28

 
 
 
le 17-10-2015 00:55

Quand l'âne " Chéri" fait sa star...

 (Désolée pour une suite qui s'est fait attendre en raison de mes préparations de salons)


 

 

Sur le terrain municipal, Chéri a choisi sa place. Ce sera, au milieu, avec l'ombre agréable d'un feuillage. Bonjour la discrétion !  

 


A Courbehaye, nous voilà hésitants devant un terrain municipal, qui ne nous permet pas beaucoup la discrétion. C’est alors qu’une silhouette surgit, dans ce bourg autrement désert. Je vais à la rencontre du quidam pour lui demander si on peut, selon lui, s’installer sur le terrain municipal. L’homme se propose aussitôt de nous aider en allant frapper à la maison de l’adjoint du maire.

 

         Peu après, nous voyons l’adjoint venir à notre rencontre. Un coup de fil est passé au maire, qui lui, habite le village d’à côté. Nous avons finalement carte blanche pour nous installer sur le terrain. Libre à nous de choisir l’endroit qui nous convient. On est d’ailleurs rassuré au sujet de la discrétion, personne ne doit circuler dans les parages. Nous apprenons en plus, avec grand bonheur, que nous allons avoir le droit à de l’eau.

 

         L’adjoint du maire nous laisse et, peu après, réapparaît en poussant une brouette dans laquelle a été déposé un tuyau d’arrosage. Avec lui, son petit garçon. Puis l’adjoint s’occupe de raccorder le tuyau à une arrivée d’eau située dans l’herbe.

 

         De l’eau avec un tuyau, des tables et bancs municipaux pour le dîner, un grand parc herbeux pour notre « Chéri », quelques arbres et buissons pour nous assurer un semblant de discrétion, un voisinage paisible… Finalement, notre étape du soir qui ne semblait pas terrible au premier coup d’œil, s'est transformée en un camping cinq étoiles.   

 

         Mais il y eut encore une suite inattendue. Alors que notre tente  était montée et le dîner en train de se préparer, on vit réapparaître l’adjoint du maire, mais en famille, cette fois-ci, sa femme l’accompagnant… Tous deux apportaient  des bières et gâteaux apéritifs. De notre côté, on sortit le pain bio ainsi qu’un pâté. Allez, santé ! A l’âne, aux voyages ! On apprit ainsi que l’adjoint du Maire était un habitué des randonnées. Avec son épouse, une enseignante, il projetait, cette fois, d’aller en Corse et de faire le célèbre GR 20.

 

         Cette rencontre fut aussi l’occasion de réfléchir sur la suite de notre itinéraire. A part le dépannage alimentaire de la ferme bio, rien sur notre chemin, jusque-là, pour nous remplir la panse : pas une épicerie, pas un café… La preuve flagrante d’une désertification de nos villages, mais il est vrai également que j’avais tracé l’itinéraire de sorte à éviter les gros bourgs, plus difficiles à traverser lorsqu’il y a de la circulation automobile. Frédéric, de son côté, tenait vraiment à éviter les lieux trop agités. Seulement, comme se posait le problème des courses, il y avait peut-être la nécessité de revoir notre itinéraire. Notre idée fut donc de passer par Orgères-en-Beauce, ce qui signifiait qu’on devait légèrement bifurquer par rapport au chemin établi. A ce sujet, l’adjoint nous livra une information précieuse. Il était possible de marcher le long d’une départementale avec notre âne, car il existait un immense bas-côté, lequel servait de passage aux tracteurs.

 

         Donc, le lendemain, bien reposés (y compris Chéri), nous reprenons joyeusement la route sous un soleil radieux. Peu après, à Ormoy, nous passons devant une pâture avec un couple d’ânes qui ressemblaient étrangement aux compagnons de pré de Chéri…  Mais peut-être que notre âne était moins dupe que nous.

 

         Nous repérons le large bas-côté dont on nous avait parlé  et arrivons sans encombre dans le centre d’Orgères-en-Beauce après avoir longé une départementale très fréquentée. Notre crainte était d’arriver au moment de la fermeture des magasins, mais ouf !… il n’est pas encore midi et tous les commerces sont ouverts. Nous décidons de garer Chéri devant une épicerie et je suis alors chargée de sa surveillance pendant que Frédéric part faire quelques courses. Rien à brouter, pour Chéri, mais ce dernier ne se plaint pas, bien au contraire, car il sait parfaitement de quoi il est capable et comment son charme de « mignon petit âne » opère sur les habitants d’une ville. Le résultat ne se fait d’ailleurs pas attendre. On accourt de partout, on s’arrête, on s’approche, on vient caresser… Bref, en quelques minutes, Chéri devient la star locale. Et qui dit « star », dit aussi « quelques bons soins et privilèges ». L’épicier a soudain quelque chose à aller chercher pour « nous ». Il revient avec un gros cageot de pommes et carottes. Et voilà, tout ça pour l’âne. Il n’a qu’à manger. C’est offert par la maison. Les soins d’une star, je vous disais…

 

         Après Orgères, nous retrouvons notre itinéraire et arrivons sur un chemin forestier des plus agréables, dans le bois de Cambrais. Chéri marche bien, mais Frédéric lui a donné une sacrée mauvaise habitude, celle de goûter à quelques maïs en bordure de champs cultivés. Or, par instants, il nous faut longer d’immenses champs de maïs et Chéri, du coup, à tendance, par moments, à avancer un peu en crabe. « Non Chéri, ça suffit avec le maïs…  D’ailleurs, si ça se trouve, ils sont pleins de pesticides » (là, c’est quand je parle à l’âne, bien sûr…) Mais en regardant le ciel, une autre préoccupation vient remplacer celle d’avant : l’arrivée de gros nuages annoncent de toute évidence un changement de temps. D’ailleurs, c’est également ce qu’annonce la météo.

 

         Alors se pose la question de l’hébergement pour notre prochaine étape. Afin d’éviter la pluie, ne faudrait-il pas essayer de trouver un bon toit pour la nuit, quitte à payer un gîte ? Nous repérons à Abbonville, près de Tivernon, l’adresse d’une ferme auberge. Un lieu idéal pour nous comme pour Chéri. Sauf que Tivernon n’est pas tout à fait sur notre itinéraire et qu’on n’est vraiment pas du tout certain d’arriver à Abbonville avant la tombée de la nuit.

 

         Nous décidons déjà de nous renseigner au prochain village qui se trouve sur notre itinéraire : Tillay-le-Pèneux. Ce village devient alors un point stratégique, car si nous ne trouvons aucun hébergement possible sur place, il nous faudra à nouveau quitter notre itinéraire, l’étape suivante de Mervilliers étant vraiment trop lointaine.

 

         A Tillay-le-Pèneux, de grandes rues désertes et sans une seule âme. Juste une vieille dame à vélo, laquelle accepte d’entamer la discussion avec nous, ce qui nous donne l’occasion de nous asseoir un moment sur les marches de l’église. Mais pour Chéri, lui aussi, il y a une occasion à saisir. Et Paf… le voilà à nouveau, qui reprend sa mauvaise habitude de se coucher.

 

         Normalement on aurait dû aussitôt se fâcher et obliger notre âne à se remettre immédiatement droit sur ses pattes… Mais nous avons préféré laisser faire… Après tout, il avait eu une longue route et méritait bien un peu de repos, vu qu’on risquait encore de marcher longtemps.

 

         Mais je me disais que j’avais de plus en plus un âne capricieux habitué à des faveurs…

 

(A suivre…)


 

 


Commentaires

 

1. gegedu28  le 25-10-2015 à 05:42:52  (site)

Bonjour Emmanuelle et Frederic,
Vous m'aviez dit : "Quand Saint-Bomer sera à la Une de votre blog, faites nous signe", et bien voilà Saint-Bomer tient le haut de l'affiche !
Je vous invite à découvrir mon article, ... une petite surprise vous y attend.
http://gegedu28.vefblog.net/gege_du_28/27.html#Saint_Bomer
Bonne continuation sur les routes d'Eure-et-Loir, ... et une 'tite caresse à Chéri !
Bien amicalement,
Gégédu28

édité le 25-10-2015 à 06:43:54

2. colea  le 27-10-2015 à 13:22:56  (site)

J'adore! je redécouvre votre blog grâce au lien mis par gégé dans son article. Je vais le mettre dans mes favoris!
Bon cheminement (et pas bonne route puisqu'il vaut mieux prendre les chemins que les routes!)
léa

 
 
 
le 22-09-2015 01:37

Une bonne adresse

 

 

 

Quand Chéri passe dans un village, il est assez habituel de voir des habitants ouvrir leurs fenêtres ou leurs portes et même aller à notre rencontre, seuls ou en famille, avec les enfants, le grand-père, le chien, etc. Mais des automobilistes qui s'arrêtent, en fin de soirée c'est plus rare... et c'est aussi l'espoir réconfortant que nous n'aurons pas à nous préoccuper longtemps du lieu de notre prochaine étape. 

 

Nous allons à la rencontre du conducteur et apprenons que nous venons de passer, quelques kilomètres avant, devant sa propriété et son cheval, un trait breton. L'homme est de la région. Il est originaire de Bonneval. Le nom de cette ville nous fait prendre conscience que nous n'avons pas beaucoup avancé dans la journée. Frédéric, qui avait une grande tante originaire de Bonneval, de son côté, cherche à savoir si l'homme la connaissait. La conversation se poursuit dans des éclats de rires. "Mais oui ! Lucienne S... bien sûr !"  Et ça lui rappelle de drôles de souvenirs d'ailleurs...

 

De mon côté, il me faut distraire Chéri en lui faisant des ronds sur la route. Notre âne ne semble pas comprendre pourquoi on était si pressé avant et, dès lors, immobiles, les pieds sur de l'asphalte, où il n'y a rien de bon à croquer.

 

Vient la question d'un lieu d'hébergement pour la nuit. Le conducteur a aussitôt une idée. Il nous désigne des bâtiments de fermes, visibles à l'entrée de Massuères. Il s'agit d'une ferme bio. Leurs propriétaires, très certainement, nous réserveront un bon accueil. Mais le conducteur a un doute. Il ne sait pas si les propriétaires sont sur place ou ailleurs, dans un de leurs champs. Il décide donc d'aller voir en premier. La voiture redémarre.  

 

Peu après, nous arrivons à notre tour. Les agriculteurs – un couple – sont sur place et nous sommes les bienvenus.

 

La ferme, qui élève des volailles, en plus de son activité céréalière, est bien entretenue. Quelques moutons également, mais uniquement pour l'agrément.

 

Des panneaux solaires couvrent la totalité des toits des immenses hangars. Dans les hangars, des machines agricoles qui ressemblent à des engins de guerre.

 

Les volailles sont séparées selon les espèces. Nous attachons Chéri au poteau d'un des hangars et installons la tente, à côté, dans un petit jardin, près d'un parc à oies blanches. Les oies, dès qu'on s'approche de leur enclos, rentrent toutes dans leur abri, comme si la cloche sonnait la fin de la récré. Et dès qu'on s'éloigne, elles ressortent toutes. C'est bien des oies.

 

En plus de cet espace, nous apprenons que nous avons le droit à un accès à des toilettes et à un coin eau, dans un bâtiment qui sert d'entrepôt. Nous avons tout ce qu'il faut. De plus, la ferme bio vendant ses produits, nous allons même avoir le droit à notre première épicerie ouverte – pour ainsi dire – depuis le début de notre randonnée. On décide d'acheter du pâté ainsi que des œufs pour nous faire une omelette. Pour accompagner, du pain et un peu de cidre.

 

Mais avant le dîner, nous sommes appelés pour l'apéritif. Au cours de la discussion, nous qui habitons pourtant la campagne, allons de découvertes en découvertes. Les propriétaires sont en fait des métayers. Mais eux-mêmes louent une partie des toits des hangars qui comprennent des panneaux solaires, car on peut louer un toit sans le reste !

 

La discussion continua par un inventaire d'engins agricoles et industriels, jusqu'à la machine qui trie les lentilles. Il est vrai que – jusque-là – je ne m'étais jamais interrogée, en regardant mon assiette de lentilles, sur la façon dont on avait pu les trier.

 

Désormais, je ne verrai plus mes lentilles avec le même œil (je parle des lentilles qu'on mange, bien sûr !)...

 

Bref, on n'imagine pas tout ce qu'il peut y avoir comme connaissances et comme compètences derrière de telles activités. Les plantes, les animaux, l'alimentation, les machines, l'énergie solaire, les circuits économiques... avec l'obligation d'être à la fois au four et au moulin ! Une histoire de famille, d'un côté et, de l'autre, la gestion d'une entreprise très complexe.

 

La demande de produits bio est plus importante que l'offre, nous expliqua encore cette famille. Rien d'étonnant, quand on voit le travail que ça représente...

 

Précisément, nous savons que cette famille a des journées harassantes et décidons de ne pas trop nous attarder pour les laisser dîner tranquillement. Pour eux, la journée du lendemain commencera dès les cinq heures du matin.


Le dîner ne se fit pas aux chandelles, mais à la lampe électrique et sous un plafond d'étoiles (c'est aussi bien). Le pâté, l'omelette, le pain, le cidre... un régal ! 

 

Le lendemain, nous repartons tranquilles et guillerets. Nous sommes si décontractés que nous prenons la route sans faire attention aux panneaux. Et nous oublions tout simplement de tourner. Eh oui ! Même à pied, en faisant du 3 km/h (voire un peu plus), on peut louper une bifurcation !  

 

Finalement, à Acclainville, nous retrouvons notre itinéraire. Petite pause déjeuner sur un banc, à l'entrée d'un village. 

 

Nous reprenons la route et continuons notre avancée à travers la Beauce. Nous assistons alors à un spectacle inattendu. Des hectares de champs en feu – et sous surveillance, heureusement – Les flammes avançaient en ligne, dressant un rempart flambant. 

 

Chéri observait le spectacle, lui aussi, le naseau dilaté. Ce feu devait peut-être un peu l'inquiéter, mais sans plus.

 

Notre carte annonce que nous devons rejoindre une rivière, mais une fois sur place, rien qui ne ressemble à un cours d'eau. La rivière est pourtant bien là, mais cachée par des arbres. Pas d'autres choix que de se l'imaginer.

 

La journée se terminant et Chéri manifestant quelques signes de fatigue, on décide de chercher un coin pour notre prochaine étape, d'autant plus que les villages ne sont pas tellement nombreux. 

 

Nous atteignons Courbehaye. Le bourg est tranquille et quasi désert. Une tête apparaît dans une embrasure de porte. Nous demandons de l'eau – au cas où il n'y en aurait pas sur le lieu de notre prochaine étape – et en même temps nous nous renseignons pour savoir où mettre la tente. On nous parle alors d'un terrain municipal. Nous avançons et découvrons le lieu. Un espace vert bien entretenu, bordé par quelques arbres et buissons, mais en même temps, un espace ouvert à portée de regards des habitants.

 

Grosse hésitation. Peut-on vraiment s'installer-là, à la vue de tous, sans prévenir quelqu'un ?

 

(A suivre...)   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
 
le 16-09-2015 00:03

Allez on continue...

Le matin, au réveil, un léger ploc ploc, contre la toile de tente. Il pleut. Une pluie imprévue. Aussitôt, Frédéric sort l'artillerie lourde: parapluie, imper, bâche... et court se réfugier dans un box de poney, sans poney, mais plein de crottins. Perso, je préfère me recevoir les gouttes sur la tête. Je ne suis pas en sucre : je ne vais pas fondre. Mais la pluie s'intensifie et finit par donner raison à mon compagnon. Le box crotteux devra nous servir de coin petit déjeuner. On aurait pu rêver mieux. 

 

Finalement, une heure plus tard, la pluie s'arrête.

 

La nuit porte conseil : je viens de trouver une solution, pour que la sangle de bat ne vienne plus frotter le ventre de chéri. Prendre une ceinture bloquante, glisser dedans une chaussette protectrice et mettre la ceinture à la place de l'ancien bandage. En fait, je me suis rappelée que j'avais déjà eu ce problème de sangle glissante, lors de ma précédente rando, au Mont-St-Michel. Et j'avais déjà appliqué – avec succès – cette solution. Il restait à voir si Chéri, lui, allait vraiment changer de comportement.

 

En attendant, il nous faut faire face à une autre difficulté : récupérer notre âne dans le pré où deux petits shetlands excités ont décidé de ne pas le lâcher. Nous avons déjà, en tête, le pronostic qui nous a été annoncé, la veille : " Impossible de ne pas les laisser s'échapper..."

 

Nous séparons Chéri des poneys, nous ouvrons la barrière, nous refermons. Pas d'évasion... Sauf qu'un des petits shetlands décide de foncer, comme un bulldozer contre la barrière, réussit à s'engager dans une brèche... et se retrouve côté jardin. Comment allons-nous faire pour partir ? Heureusement, nous allons avoir le droit au secours du plus grand des enfants de la maison, qui va mettre le poney dans le box de notre petit déjeuner. Mais le box, lui non plus, ne ferme pas. Décidemment...

 

Finalement, le garçon va devoir tenir la porte du box pendant que nous ouvrons, puis refermons, grâce à une commande, le portail automatique.

 

Dans notre euphorie de quitter le terrain passoire des poneys, un peu plus on partait en oubliant de rendre la commande du portail, mais ouf ! on évite de justesse le demi-tour stupide...

 

Notre trajet commence sur du bitume, mais peu après nous nous retrouvons sur un chemin de Compostelle. Cependant, Frédéric repère sur la carte un indice inquiétant : une passerelle. Il part vérifier sur place... C'est tout vu, on ne passe pas. Adieu chemin de randonnée !

 

Mais rien de bien affolant... Notre détour nous permet de visiter des dolmens. Petite pause sur le site aux dolmens. Un terrain mousseux bien tendre pour les sabots de Chéri. Et paf ! le voilà, de nouveau, qui se couche, le mufle ! Cette fois, on comprend que notre âne (non, on ne l'a pas remplacé par un mufle) ne fait que prendre des libertés et qu'il n'est nullement en souffrance. D'ailleurs, aussitôt sermoné, il se relève sans difficulté et l'œil luisant de malice. Mais tout de même, cela me chiffonne : Chéri n'a pas vraiment l'air d'apprécier la promenade.

 

Nous nous arrêtons juste après, au bord d'un plan d'eau, à St-Maur-sur-le-Loir, pour une sympathique pause déjeuner.

 

Nous repartons, bien reposés. A force de fouiller dans nos provisions, depuis le départ, nous avons bien dû alléger le dos de Chéri de 10 kg : il doit avoir maintenant moins de 40 kg, l'équivalent d'un léger cartable, compte tenu de son solide dos de grand âne costaud. Nous espérons, cette fois, ne pas avoir le droit à de nouveaux caprices.

 

Le pas de Chéri reprend de la vitesse. Nous n'arrivons plus à y croire. Chéri se met à avancer, d'un pas vif, plein de vigueur. Il garde la cadence, ne s'arrête plus sans raison. Même sa tête se redresse.

 

Sans doute, notre âne avait-il encore de l'appréhension, dans la matinée, mais de toute évidence, la nouvelle sangle qui le protège contre le frottement révèle son efficacité. Cette fois, il n'a plus mal.

 

Dans la soirée, alors que nous approchons Massuères en marchant sur le bord d'une départementale, un véhicule, devant nous, s'arrête. Nous allons à la rencontre du conducteur...

 

(A suivre) 

 

 

 

 


                    En chemin, Chéri rencontre des copains

 

 

 


 
 
le 14-09-2015 09:26

Comment faire pour continuer ?

 

  A l'heure de la pause déjeuner

 

 

Continuer ou ne pas continuer ? That is the question. Frédéric propose un essai pour la journée suivante, mais plus question de manger des kilomètres ! D'ailleurs, dès la matinée, nous traînons...

 

Il n'y a d'ailleurs pas que l''âne, qui a des soucis. Sous mon pied gauche, une grosse ampoule, moi qui habituellement ne me fais jamais rien aux pieds ! Il me faut donc essuyer une moquerie de Frédéric :  il attendait un peu mieux de moi et de l'âne... 

 

Pour les soins de l'âne, grande bande élastique qui fait toute la longueur du gros tour de poitrine de Chéri, avec compresses sur les bobos, sparadra spécial pour animaux, etc. Ce n'est pas le matériel qui manque, mais être bien équipés en pharmacie est une chose... et avoir une solution pour que les bandes, sparadras et compresses tiennent au fil de  la marche, vu les mouvements, secousses et le poil qui transpire... en est une autre.   

 

Nouveau réglage du bât, pour le remettre vers l'avant.

 

Le départ se fait a 11 heures ! Pour aller où ? Du coup,on ne sait plus. On se fixe un autre but : Pithiviers. Mais bien sûr, seulement si on peut continuer...

 

Chéri avance. Un pas à peu près régulier. Mais ça reste une petite cadence. On voit que l'enthousiasme de l'âne n'y est pas. Toutefois, plus de mauvaises surprises sur le chemin.

 

Un peu de bitume sur le départ et un bout de route assez fréquentée par les voitures, mais rapidement nous rejoignons la forêt de Coupigny. Dans la forêt, l'âne semble même reprendre des ailes.

 

Une chose est sûre, dans la région les touristes ne se bousculent pas. Pourtant la forêt offre de belles allées ainsi qu'un ombrage très appréciable étant donné la chaleur d'un soleil qui, depuis le départ, darde de tous ses rayons.

 

En quittant la forêt, Chéri reprend une petite vitesse. Il nous fait ainsi clairement comprendre qu'il a ses préfèrences, lui aussi, en ce qui concerne l'itinéraire !

 

Nous passons par plusieurs petits bourgs, qui ne manquent pas de charme mais qui, par contre, manquent tous cruellement de commerces. Tant pis pour Frédéric qui rêve d'une pause café !

 

Nous pensions parcourir une petite distance, mais arrivons tout de même à Flacey, c'est-à-dire exactement entre Bonneval et Châteaudun.

 

A Flacey, nous tentons un arrêt... déjà chez un dresseur d'animaux pour des pubs (j'en avais déjà rencontré un dans une précédente randonnée), mais il n'y a personne. Un peu plus loin, Frédéric repère deux petits shetlands. Un jeune couple et ses deux enfants nous accueillent. Une place pour mettre la tente... et Chéri aura le droit à de la compagnie : il est placé dans le pré des Shetlands avec du bon foin pour le dîner.

 

Une fois notre tente montée, le jeune couple vient à notre rencontre avec des bières. Il nous offe l'apéritif... Participation de notre part, en ouvrant un paquet de petits gâteaux salés. Une fois encore, nous nous attardons dans les discussions... La nuit tombe. Le dîner se fera à la lampe de poche. L'accueil ne sera pas celui de la veille, mais il nous convient. Nous avons tout ce qu'il faut et – comme le souligne Frédéric - il est également bien d'être chacun de son côté.

 

Mais avant de nous coucher, nous apprenons déjà que nous allons avoir le droit – dès le lendemain matin – au folklore d'un rodéo poneysque. Notre hôte (qui travaille dans le SAV des machines à laver)  partant de bonne heure et sa femme devant s'occuper des enfants, nous allons donc devoir par nous-mêmes récupérer l'âne dans le pré, or les barrières du pré étant – à certains endroits – une passoire et les shetlands, des fugueurs très obstinés, il est alors totalement certain que les poneys vont réussir à se sauver et ce sera donc à nous de les poursuivre dans le jardin, pour les remettre dans leur pré. Charmant programme en perspective !

 

A suivre...     

  

 

 

 

 

 


Commentaires

 

1. gegedu28  le 15-09-2015 à 04:57:34  (site)

Bonjour,
Votre Blog c'est toute une histoire !, intéressant ces randonnées avec son âne chéri.
Tout d'abord, smiley_id117184 pour la Photo du Jour.
Je me promène également beaucoup à travers le département d'Eure-et-Loir, non pas avec le "Quatre pattes", mais plutôt avec la "Quatre roues", smiley_id156824.
Flacey, je connais bien, j'y suis encore passé dimanche dernier, sous un déluge de pluie !!
Je fais des articles sur les curiosités de nos petits villages beaucerons, et petits villages d'Eure-et-Loir plus généralement.
La semaine passée j'étais à Revercourt, la plus petite commune du département, au nord-est, près de Brezolles. C'est très charmant, mais ne cherchez pas de commerces, il n'y en a pas, seul Chéri y trouvera son compte (un peu de foin, LOL).
Par contre avec les Arches, çà vous aurait fait une belle photo :
http://gegedu28.vefblog.net/gege_du_28/cat5/8.html#Revercourt_la_plus_petite_commune_du_28

Allez, je vous souhaite bonne continuation.
Gégédu28

2. elena13  le 15-09-2015 à 16:06:53  (site)

Bravo pour la photo du jour !!!

3. anaflore  le 15-09-2015 à 18:20:00  (site)

sympa votre périple
bravo pour la photo du jour

 
 
 
 

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